> PRUDENCE






Joris Clerté is at the origin of Prudence, the name he took to record his own compositions since 1995. He records his songs in the suburbs of Poitiers, surrounded by several musicians in order to fulfill his arrangement desires (drums, oboe, trumpet, violin, violoncello, etc...). At the end of 1995, Prudence produced its first 4 titles: "la bonne humeur". Pop songs, that oscillated between precious pop and emphatic folk. Prudence signed a contract with the music producer "Small", and Joris brings on board Emmanuel Enault, who will take a part creating the compositions. In June 1998 the first éponyme album "Prudence" was released, produced by Olivier Libaux. After a few concerts, Prudence finds a new musical voice and begins incorporating machines into the music, whilst maintaining their love for acoustic instruments. In 2003, it is with Téléscopic, an independant label, that Prudence (Joris Clerté, Tantely Zafimehy and Emmanuel Enault) begins its latest hi-fi adventures. The second album "mumsmums" is built around warm electronic instrumentals and short songs with various singers (Armelle Pioline de Holden, ED Combes, Bettina Kee and Joris Clerté) and influences (Simon Jeffes, Mike oldfield, Tortoise, Jim O' rourke, To rococorot, Jacques Demy, Pascal Comelade and the trumpet of Herr Alpert). Joris Clerté and the animator Philippe Massonnet directed the music video of the song «A tort ou à raison». This video still achieves big success in festivals (50 selections and 5 awards). Prudence flew to Chile in December 2004 with the band Icalma where they both gave concerts all around the country. Since 2005, Prudence has been preparing a new album and a new music video.


presse

longueur d’ondes

Joris Clerté, mentor de Prudence et également infographiste, compose une musique très…imagée. A la fois dense et épurée, elle évoque une forêt immense où les multiples espèces végétales et animales s’éparpillent sur toute la surface. Mumsmums redonne un air authentique et aventurier à l’électro-pop française, là où de célèbres Versaillais s’adonnent à la conquête des charts. Ainsi, tout un monde onirique s’éveille ici. Certains chœurs évoqueraient en cela les habiles Mercury Rev de Deserter’s song. Après avis de l’intéressé, ce serait plutôt l’influence des chants liturgiques du 15 ème siècle ! Le Ennio Morricone de la B.O. de Il était une fois dans l’ouest s’invite pour apporter « de l’espace » aux 15m² de l’immeuble parisien où a été enregistré cet album. Polyglotte, instrumental, et surtout pop (notamment A tord ou à raison, très Françoise Hardy), Mumsmums respire l’appétence. Il a en tous cas redonné le goût de la liberté à Joris, après un premier essai chez la major Sony il y a cinq ans. Ton pseudo sonne comme une piqûre de rappel… Prudence est effectivement un peu un pense bête, ça permet de réfléchir à deux fois sur un choix à faire. On oublie complètement ce nom sauf quand la météo te rappelle « Prudence sur la route » ou en hiver « Prudence en montagne ». J’aime l’idée d’être partout à la fois. Projettes-tu un film musical ou souhaites-tu que l’auditeur improvise ? La seconde hypothèse me semble incontournable : je ne suis pas sûr que la musique évoque des images précises comme dans un livre. Pour illustrer ceci, écoute Matière grise de deux façons : çà parle d’une fausse couche ou d’un âne. Les deux fonctionnent et il doit y en avoir d’autres, à vous de jouer… Tes influences musicales sont bigarrées… Je pioche dans des trucs que je n’écoute pas ou en contradiction musicale avec le morceau sur lequel je travaille. Je peux partir sur des pistes musicales qui ne me ressemblent pas, mais je sais que je retomberai sur mes pieds.

Vincent Michaud

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Zurban 

Nos disques préférés cette semaine
…Dans un genre très différent, et nettement moins boule à facettes, la pop du groupe français Prudence brille également par sa singularité. Mélange d’acoustique et d’électro, de petites chansons toutes en finesse et d’instrumentaux colorés, cet album plutôt joyeux, plein d’humour et de dérision, s’impose comme un bon remède quand les jours semblent tourner en noir et blanc sur la capitale et ses banlieues. Le disque s’appelle Mumsmums (chez Discograph), miam-miam en suédois…Prenez en une tranche !

Philippe Blanchet

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Magic

Focus, Prudence - Surprise surprise
Tôt ou tard, on savait qu’on allait recroiser la route de Prudence. Certes, on ignorait encore, à l’époque d’un premier album éponyme à moitié réussi, mais singulièrement enjoué, que Joris Clerté, la tête pensante et chantante de ce groupe à géométrie variable formé avec Emmanuel Enault en 1996, était un fan de Mike Oldfield. Sur le sujet, l’homme à l’anneau de corsaire et à la langue bien pendue est intarissable, presque autant que sur ses déboires avec Sony, la major qui le signa sur la foi d’un maxi autoproduit (La Bonne Humeur) remarqué dans le Landerneau, alors en pleine obsession d’une pop à la française. « Il y a cinq ans, c’était le bon temps », plaisante-t-il aujourd’hui, après avoir trouvé refuge sur la petite structure parisienne Telescopic. « La question qui s’est posée était de savoir si on allait revenir sous le même nom. De toute façon, comme disait Robert Hue à propos des communistes à l’époque ou il était question qu’ils se rebaptisent, on nous aurait appelés les ex-Prudence ». Aujourd’hui méconnaissable, Prudence sied par son mutisme relatif – on ne dénombre que cinq chansons sur quatorze morceaux, dont trois sont interprétés par des invités d’ici et d’ailleurs (la Française Armelle Pioline d’Holden, l’Anglais Ed Combes, clavier de Supergrass et l’Italienne Betina Kee) -, sa variété de ton(alités), son charme polyglotte, sa légèreté débonnaire (Grizzly Fidèle), sa fluidité gracieuse (Tocando La), sa mise en son panoramique (Contact Saloon). Par moments, on a même l’impression d’entendre une boîte à musique, dont les mélodies graciles épouseraient les teintes pastel de la pochette signée Berangère Lallemant (la dulcinée de Joris), qui figure parmi les plus belles réussites graphiques du moment. Une résurrection n’arrivant jamais seule, Joris et les siens travaillent déjà à la suite de Mumsmums, titre imprononçable en forme d’onomatopée trouvée par une copine suédoise après un goûteux repas. S’ils ont choisi de revenir à une forme chantée, Joris et Emmanuel ne perdent pas de vue que Prudence reste avant tout un projet récréatif, ce qui ne minore pas son importance à leurs yeux et n’interdit pas non plus leurs ambitions mâtinées de contraintes matérielles (l’espace-temps). Enregistré à des heures vespérales et en marge des activités professionnelles de chaque musicien, Mumsmums reflète bien la poésie naïve et onirique de son auteur principal, que certains ont déjà pu voir sans le savoir à travers ses habillages graphiques pour Arte (www.doncvoilà.net). A l’instar du slogan historique de la chaîne franco-allemande, laissez-vous étonner par Prudence.

Franck Vergeade

Jusqu’à présent, il faut bien l’avouer, Prudence portait bien mal son nom. Depuis près de six ans, on était toujours en train de s’interroger sur les motifs qui avaient poussé Joris Clerté, ex-débutant prometteur, auteur de démos ayant suscité, en leur temps, une curiosité bienveillante, à sortir un premier album mitigé de pop mignonnette sur une major, et à se retrouver, de facto, sous la coupe d’un partenaire industriel aux attentes et aux exigences forcément décalées par rapport au potentiel commercial de chansons sympathiques mais encore pataudes. Clerté aura payé au prix fort cette imprudence inaugurale. Désormais convaincu qu’il ne pourrait exercer son modeste apostolat de bricoleur de notes en toute tranquillité que sur une structure plus sensible aux charmes atypiques de ses petits mobiles sonores, il parvient à faire le meilleur usage de cette liberté fraîchement conquise. Il en profite alors pour élaborer enfin un monde faussement naïf, vraiment original, où le dépouillement des arrangements et le recours aux motifs minimalistes d’instruments-jouets comeladesques n’altèrent jamais la richesse d’un propos dense, que l’on devine mûrement réfléchi. Avec ses mélodies et ses rythmes brisés, ses petites poésies polyglottes et souvent rigolotes, Mumsmums possède une joie et un élan communicatifs. On s’y déguise en cow-boy (Contact Saloon), en trappeur (Chasse Gallery) ou en chanteur de variét’ ritale (Lunatika), avec un sens du jeu et de l’humour bienvenu. Autrement plus efficace pour retrouver avec nostalgie son enfance trop vite évaporée qu’une soirée avec Casimir.

Matthieu Grunfeld

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Le monde de la musique

Pour dire « miam miam » en suédois, on dit « mums mums ». C’est le titre qu’a choisi Joris Clerté pour le deuxième album de Prudence, cinq ans après un premier disque que l’on avait classé quelque part entre William Sheller et Dominique A. Ici, on serait plutôt entre la Björk hivernale et douillette de Vespertine et les précautions d’enfant têtu de Pascal Comelade. Il y a de vrais chansons et des plages instrumentales, des instants de pureté (une guitare, une voix, quelques gestes ténus) et des buissons qui entremêlent couches et fils musicaux, bribes de dialogues et jouets d’enfant. Résolument inclassable, ce disque est à la confluence de dix orientations possibles dans la musique d’aujourd’hui. Ainsi, dans le court Paroles d’honneur, on entend une gouaille à la Renaud, le mépris de soi de Miossec, le détachement formel d’un Dominique A, la sophistication sonore d’un Bashung épaulé par Jean Lamot…
Evidemment, se pose la question de l’autonomie de ce disque par rapport à son époque, de la pérennité de ce son une fois que ce sera dissipée la séduction de nouveauté des apparentements imprévisibles que libère massivement l’électronique (les cadavres exquis ne sont-ils pas ce qui a le plus mal vieilli de tout le surréalisme ?). Sans que l’on puisse – évidemment – trancher en cette matière, il faut reconnaître à Prudence une liberté d’inspiration et de parenté qui tend à démontrer que la démarche artistique est sincère, réelle et libre. ****

Bertrand Dicale

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Libération - 23 Janvier 2004

On pourra bientôt commencer à compiler les interventions d’Armelle Pioline, parallèles au groupe Holden. Pour continuer de l’entendre respirer au coté de Jean-Louis Murat ou sur la guitare de Thomas Dutronc. Car dès qu’elle est là, les chansons adoptent une tonalité aux attraits opaques, insidieux. Pourquoi d’ailleurs se laisse-t-on prendre puisque sa voix n’a rien d’époustouflant ? C’est justement loin du clinquant que tout se joue, dans la beauté des choses banales, dans le charme accidentel des premières fatigues, timbre traînant, légèrement grave, distancié, avec cette pointe de dédain qu’arborent comme un voile de protection ceux qui ont déjà trop pris. Alors, elle apparaît sur la troisième plage du deuxième album du trio Prudence, et n tend l’oreille au moment de s’assoupir dans le confort instrumental. C’est une chanson toute simple, pleine de points d’interrogations. Entre les lignes d’instruments-jouets, un joli jeté naïf électro-pop, style Yann Tiersen. Les petites mélodies matinales de Prudence sont attachantes, pourtant on s’agacerait que ces jeunes gens doués se satisfassent si vite d’eux-mêmes. S’ils restent en surface c’est probablement parce qu’ils se soucient trop de ce qu’on pensera d’eux. Et parce qu’ils craignent de paraître mièvres, la première phrase de leur histoire, c’est une copine qui la chante à leur place.

Ludovic Perrin


9 titres en coproduction telescopic - popcornlab .
sortie sur le label telescopic en 2004
 













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